Secteur qui a grandement évolué au cours de ces vingt dernières années, le secteur des pompes funèbres veut se montrer innovant et à l’écoute de sa clientèle. De plus, c’est un secteur qui ne connait pas la crise et dispose même, ironiquement, de prévisions optimistes (+25% d’évolution de marché prévue) et qui peut donc sembler attrayant pour des entrepreneurs et investisseurs. Quelques conseils par Yves Alphé, spécialiste du domaine, pour se lancer dans les pompes funèbres.

Rappels sur le marché des pompes funèbres

Une étude menée par le CPFM et le CPNEFP révélait ainsi l’existence de 3500 entreprises, 7500 établissements et plus de 25 000 salariés. Un secteur concentré sur quatre régions en particulier : Ile de France, Nord Pas de Calais, PACA et la région Rhône Alpes. Fait étonnant : la plupart de ces établissements sont des SARL, rappelle Yves Alphé et la plupart (95%) d’entre elles comptent au maximum 5 salariés.
La demande des consommateurs tend à diversifier les corps de métiers du secteur funéraire. Aussi, les principaux métiers de ce secteur sont conseillers, maître de cérémonie, vendeur de services et produits funéraires, porteur, thanatopracteur, fossoyeur, chauffeur, agent d’accueil funéraire…

Les formations exigées

Si jadis, les formations exigées n’étaient pas de haut niveau (généralement des CAP et pas toujours spécialisées dans le funéraire), l’évolution du secteur a vu se développer différentes formations professionnelles dans le funéraire. En effet, il est depuis 2013 nécessaire d’être titulaire d’un diplôme spécialisé obtenu suite à un examen pour exercer dans le funéraire.
Ce diplôme est constitué d’une partie théorique et d’une partie pratique et est destiné en particulier à ceux qui s’orientent vers les métiers de maître de cérémonie ou conseiller funéraire. Ceux qui souhaitent se lancer dans la gestion de pompes funèbres doivent passer le même diplôme auquel il faudra ajouter une formation spécifique (42h de formation théorique en plus).

Prendre connaissance des évolutions du marché

Avant de se lancer dans les pompes funèbres, et comme pour tout projet d’entreprise, il est essentiel de se renseigner sur le marché et ses tendances à venir, indique Yves Alphé. Sachez par exemple que si le secteur est en pleine évolution, il est hélas saturé dans certaines régions françaises. Par ailleurs, c’est un secteur qui connaît bon nombre de mutations technologiques avec par exemples des entreprises de pompes funèbres qui proposent des services en ligne (site mémorial, gestion des réseaux sociaux du défunt) ou écologiques. En d’autres termes, les pompes funèbres représentent un secteur de plus en plus flexible et où la créativité est de mise.

Connaître les spécificités de l’activité

L’activité des pompes funèbres englobe de nombreuses réalités : de la conception des faire-parts à l’entretien des tombes en passant par le choix de la musique passée lors de la cérémonie, de nombreux éléments sont à prendre en compte lors de l’organisation des obsèques, indique Yves Alphé.
C’est pourquoi le sens du contact, l’écoute et les compétences commerciales sont des qualités essentielles pour réussir dans le funéraire.
Par ailleurs, près d’un tiers des décès sont aujourd’hui couverts par les assurances ; les assureurs peuvent donc eux aussi y développer leur activité. Des contrats de long terme avec les assureurs sont donc devenus quasi-indispensables pour toute entreprise de pompes funèbres en bonne et due forme. Enfin, les évolutions culturelles marquent le secteur : le nombre de crémations ne cesse d’augmenter et devrait égaler voire dépasser le nombre d’inhumations d’ici 2030. Cependant, les crémations représentent une activité moins lucrative que les inhumations, ce qui va forcer les entreprises de pompes funèbres à s’adapter en conséquence.

Cibler son cœur de métier

La diversification des activités rend les métiers du funéraire de plus en plus divers et variés, chacun avec leurs compétences propres. La polyvalence est donc de mise si vous ne savez pas exactement quel métier exercer ou si vous souhaitez évoluer rapidement dans le domaine du funéraire. Et là encore, tenir compte de la concurrence : en région PACA par exemple, il est difficile de devenir thanatopracteur tant la concurrence est rude.

Prévoir des investissements

Les investissements nécessaires pour se lancer dans les pompes funèbres sont loin d’être dérisoires : en effet, il vous faut prévoir les locaux d’accueil (bureaux), un garage pour les véhicules de transport, les locaux et équipements pour les soins de conservations (thanatopracteurs)…les charges sont elles aussi importantes ce qui nécessite de savoir gérer correctement ses finances et requiert une bonne capacité de gestion, indique Yves Alphé, fondateur et dirigeant de Caritas Obsèques à Orléans.
Ainsi, à titre indicatif, le site jesuisentrepreneurs.fr indique que pour être rentable, une entreprise de 4 à 5 personnes doit traiter au minimum 10 à 15 décès par mois.